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Making of M42 [3/3] : Traitement de l’image

Cet article est le dernier de la série, il fait suite au choix du matériel et à la prise de vue.

Impossible de faire de l’astrophoto sans l’utilisation de logiciel de traitement. Nous allons utiliser le logiciel SIRIL qui est particulièrement adapté aux photo de ciel profond, libre et gratuit. Une fois le logiciel téléchargé ici, vous pouvez le lancer. Ne vous laissez pas désarçonner par son interface austère : en suivant les étapes de ce tuto vous serez capables dans quelques minutes de vous en servir pour un traitement simple. Comme c’est un logiciel libre très populaire, il bénéficie d’une littérature abondante et les tutos sont abondant à son sujet.

L’interface qui a découragé plus d’un astronome amateur

Le processus de traitement de l’image est très gourmand en ressources, le logiciel va copier plusieurs fois chaque image assurez vous par conséquent d’avoir suffisamment d’espace disque (selon le nombre de photo cela peut necessiter une centaines de Go libres). Travailler sur un disque SSD peut considérablement accélérer le traitement tout en limitant l’usure de votre matériel.

Dans SIRIL l’ordre des onglets suit le processus de traitement, de la conversion des RAW à l’empilement. Le dernier onglet est la sortie de la console qui nous informera de la bonne marche du logiciel en listant les opérations réalisées. Depuis la version 0.9.9 SIRIL permet l’exécution de scripts, ce qui simplifie grandement le travail, et nous allons en profiter.

Commencez par ranger vos photos en RAW dans un dossier en séparants les ligths, les darks, les biases et le flats.

Ce dossier (ici ORION-13) sera votre « répertoire de travail », renseignez le dans siril en cliquant sur modifier le répertoire de travail (disponible dans tous les onglets)

Lancez ensuite le script « DSLR_preprocessing » et attendez un certain temps (selon le nombre de photos et les performances de votre machine cela peut durer de quelques dizaines de minutes a quelques heures).

SIRIL va afficher la console, vous pouvez aller faire pipi, préparer un café ou une gardiane car ça va être long… Le logiciel va créer le master bias, pré-traiter chaque flat avec ce fichier, empiler le master flat, générer le master dark, pré-traiter chaque light avec ces deux derniers, les dématricer, rechercher les étoiles dans chaque cliché, calculer le décalage, les aligner, sélectionner les meilleures et les empiler…

Une fois cette opération terminée, SIRIL ouvre alors deux fenêtres supplémentaires, l’une est un aperçu en couleur l’autre dispose de trois onglets, un par canal (rouge, vert et bleu). Toute les opérations de sélection s’effectuent dans la seconde fenêtre. vous serez déçus par le résultat, car on ne verra rien à l’écran, il faut alors ajuster l’histogramme en sélectionnant « autoajustement »

L’image présente a l’écran ne sera pas moins décevante mais on y verra déjà quelque chose :

On en profite pour recadrer avec le clic droit de manirer a couvrir le maximum de la zone ou les clichés se sont superposés.

Le prétraitement est achevé et nous allons pouvoir passer au traitement de l’image pour la rendre présentable. Commençons par l’étalonnage des couleurs « Traitement de l’image> étalonnage des couleurs »:

il s’agit d’aider SIRIL a reconnaître ce qui est censé être noir et ce qui est le sujet de la photo. Commençons par sélectionner un rectangle ne contenant pas ou peu d’étoiles dans la fenêtre en noir et blanc. cliquez sur utiliser la sélection courante puis neutralisation du fond du ciel

Ensuite pour régler la balance des blancs, vous devez indiquez à SIRIL la position de l’objet en dessinant un rectangle autour.

Voilà ça devrait commencer à ressembler à quelquechose. Vous remarquerez sûrement un genre de voile lumineux qui s’épaissi a mesure que l’on se rapproche de l’horizon. Il s’agit du gradient.

C’est du au fait que l’épaisseur de l’atmosphère est supérieure quand on s’approche de l’horizon pour être minimale au zénith. Cette épaisseur reflète une partie de la pollution lumineuse, c’est ce qui créée cet effet. Plus l’objet photographié sera bas dans le ciel et plus la focale sera petite, plus le gradient sera marqué.

Ouvrons l’outil d’extraction du gradient dan le menu « Traitement de l’image » pour le supprimer.

SIRIL va analyser l’image pour déterminer ce gradient et réajuster l’image. Il peut le faire automatiquement ou manuellement. Ici, nous allons le faire manuellement car l’extraction automatique pouvant sélectionner une partie de l’objet, cela peut rendre un genre de halo blanc autour de l’objet.

Il faut alors renseigner SIRIL sur des zones neutres de la photo afin qu’il les compare et détermine par interpolation le traitement à effectuer sur la globalité de l’image. il s’agit donc de sélectionner des zones de fond du ciel (ie sans étoiles ni objets) réparties sur toute la surface de la photo. essayer d’en avoir le plus possible bien réparties sur l’image. Cliquez sur Calculer. Ensuite en cliquant sur « montrer le gradient », vous pourrez voir à quoi il ressemble. l’aperçu doit être linéaire et continu, sans « tache » la ou se situe le sujet.

Bon gradient
Mauvais gradient

Un mauvais gradient peut littéralement pourrir une photo en créant une zone lumineuse autour d’un objet brûlé

On arrive à la fin, l’outil saturation des couleurs permettra de renforcer un peu l’image, il faut enfin ajuster l’histogramme (Traitement de l’image > transformation de l’histogramme).

Cliquez sur les engrenages pour appliquer l’autoajustement de l’histogramme

le traitement sera achevé de manière cosmétique dans un logiciel de retouche photo tel que GIMP ou Photoshop selon vos préférences, je vous conseille de l’exporter en FITS afin de ne pas appliquer d’algorithme destructif.

L’export se réalise par un clic droit sur la fenêtre en couleur.

Vous pouvez fermer SIRIL, et ouvrir GIMP pour y réaliser un ajustement de la courbe afin de rendre les noirs plus noirs sans brûler les zones claires. N’hésitez pas à le faire à votre goût.

Quand vous avez finis afin de libérer de l’espace sur votre disque. Vous pouvez conserver les raw des bruts et des darks ainsi que les stacks des offsets et des flats. De cette manière vous serez certain de pouvoir recommencer en adaptant le script.

J’espère que ce tuto est clair. Si vous avez des questions n’hésitez pas dans les commentaires. J’ajusterai le tuto en fonction et on trouvera une solution si vous avez un souci.

Comptes rendus

Hourra… Une exoplanète découverte par un astronome amateur

Notre confrère Jérémie Goujon, du club des astronomes amateurs du delta est entré dans l’histoire en découvrant la première exoplanète orbitant autour de l’étoile de van maanen. Il s’agit d’une première pour notre club et pour la communauté des astronomes amateurs. Cette planète d’une masse de 2,7 fois la masse de la terre serait composé d’un tout petit tiers de radio clacide de cuivre (Cu-Ra-CaO) d’un tiers d’acide 2-hydrofypropane-1,2,3-tricarboxylique, d’un bon tiers de 3,14-Carb-Oxy Nitrate. Cette découverte fait déjà la joie de tout le club, félicitations au découvreur.





Jeremie le découvreur de Van Maanen I

Pour découvrir cette planète Julien s’est servi d’une lentille simple dite de Karl Seuberg, ce dispositif bon marché de verre filtrant est disponible en conditionnement de 12 ou de 24, après les avoir délestées de la substance dorée qu’elles contiennent on peut observer le ciel a travers le dispositif. Les premiers mots de l’astronome auraient été « Mais si j’te jure, J’ai vu un truc »

Nous attendons dorénavant la confirmation du radiotélescope d’arecibo dimanche prochain pour nous confirmer que les formes de vies de cette planète regardent elles aussi Michel Drucker sur leur téléviseur.

La photo prise par l’astronome a l’aide de son Sony Ericsson MY5
Tuto

Making Of  M42 [2/3] : Prise de vues

C’est ici la partie la plus critique : une mauvaise prise de vue ne pourra jamais aboutir à une bonne photo. Comme expliqué dans l’intro de l’article précédent, nous allons prendre plusieurs dizaines de clichés que nous allons empiler en une image unique. Pour cela, il faut que les clichés soient le plus semblables possible. Ainsi la session de prise de vues se décompose en plusieurs étapes :

  1. Mise en station
  2. Mise au point
  3. Définition des paramètres de prise de vue
  4. Prise de vues (Lights)
  5. Prise des Darks
  6. Rangement du matériel et dodo, on commence pas à traiter ses fichiers le soir même*, il est déjà tard, l’écran d’ordinateur ça excite, et il y a travail demain.

Attention : Afin de réaliser ensuite le prétraitement, il faut impérativement enregistrer le signal brut du capteur, c’est à dire enregistrer les images en RAW (sur votre appareil il peut s’agir du format NEF, CS3, DNG, PEF etc…)

La qualité de vos photos dépendra en grande partie de la durée de vos poses. Plus les poses sont longues, plus le capteur recevra de lumière, et plus vos photos gagneront en détails et en contraste. Les étoiles parcourent un tour de voûte céleste en 24h, soit 15°/h. Bien que cette vitesse semblent lente a priori, il suffit d’observer une étoile disparaître derrière un bâtiment à proximité pour s’apercevoir que ce mouvement et perceptible à l’œil nu sur une dizaine de secondes tout au plus. D’où la nécessité d’une monture motorisée. Plus la mise en station de la monture est précise, plus longtemps vous pourrez poser, et donc obtenir des images de qualité. D’autre part, plus la focale est longue et plus le mouvement apparent de la voûte céleste est rapide. Ainsi un objectif de 200mm pourra poser 2 fois moins longtemps qu’un objectif de 100mm. Il convient donc d’être d’autant plus soigneux sur la mise en station que la focale utilisé est longue. Un 18mm pour prendre un plan large de la Voie Lactée est tellement tolérant qu’une monture n’est pas indispensable pour faire une belle photo de plusieurs secondes, alors qu’un objectif de 300mm montrera des traînées avant même la première seconde de pose.

APN en station devant orion

La mise au point est l’étape la plus importante, bien sur comme vous êtes dans le noir, vous pouvez oublier l’autofocus. Il n’y a rien de pire que de s’apercevoir une fois sur le PC que les photos sont floues, d’autant plus que les étoiles étant ponctuelles et très contrastées avec le fond du ciel, le cerveau humain n’accepte pas de cercle de confusion qui permettrait de voir une image à peu près net. Il existe plusieurs méthodes pour bien faire sa mise au point. voici les deux plus communes : La première consiste à viser une étoile brillante et d’afficher sur l’APN en live view avec le zoom maximum. Puis de jouer sur la bague de mise au point jusqu’à ce que l’étoile soit le plus petite possible. C’est une méthode simple qui ne necessite pas de matériel mais qui peut être assez aléatoire selon la perception du photographe.

La seconde méthode (utilisée ici) est l’utilisation d’un masque de bahtinov. Il s’agit d’un disque découpé de manière à avoir des rainures dans trois directions différentes reparties dans sur différentes zones de celui ci.

Masque de bahtinov

Disponible pour une poignée d’euros sur internet, il peut aussi être fait maison ou imprimé en 3D. Une fois une mise au point approximative réalisée on va viser une étoile brillante et déclencher (à la télécommande ou avec le retardateur pour éviter le bougé). Sur la photo autour de cette étoile vont apparaître des aigrettes en forme de croix. La mise au point est parfaite quand l’aigrette verticale rejoint le milieu du X. (Voir photo ci dessous). C’est une manière très précise et très économique de réaliser la mise au point.

La mise au point n’est pas bonne (trait trop à gauche)
La mise au point n’est pas bonne non plus trait trop à droite
La mise au point est bonne (on enlève doucement le masque de Bahtinov)

Dernières précisions concernant la mise au point : toutes les étoiles sont à une distance infinie au regard de la focale et du diamètre de votre optique. Vous pouvez donc faire la mise au point sur une autre étoile que votre sujet. Par contre il faut toujours faire la mise au point sur une étoile située au centre du champ, là où vous cadrerez l’objet photographié. Vous devrez donc probablement déplacer votre appareil pour faire la mise au point, soyez prudents en le remettant en place à ne pas modifier la mise au point. Enfin, l’objectif peu légèrement se dilater où se contracter avec la température, modifiant la distance entre les lentilles et donc déplacer la mise au point. Si vous avez un doute refaite une mise au point. Il vaut mieux louper 3 clichés qu’en planter toute une série parce-que la mise au point a bougé.

L’ouverture choisie dépendra de votre objectif. Essayer de l’ouvrir au maximum sans atteindre la pleine ouverture. Un diaphragme refermé de un ou deux crans réduira malheureusement la quantité de lumière mais le gain de qualité d’image est souvent perceptible. (Ici j’ai ouvert a 4.5 alors que l’objectif peut ouvrir à 4).

Concernant le choix de la sensibilité (ISO) faites des clichés test a une sensibilité qui permette d’y voir clair n’hésitez donc pas à la pousser un peu fort. Ensuite le choix de la sensibilité pour les photos dépendra de votre boîtier. Monter en ISO ameliore le rapport signal bruit jusqu’à une certaine valeur qui dépend du capteur. N’ayez pas peur du bruit (grain), car la multiplication des clichés permettra de bien le lisser à l’empilement. Il faut juste faire attention a ne pas brûler le centre des galaxies ou des nébuleuses. Les appareils modernes peuvent être poussés jusqu’à 6400 ISO les moins récent se limiteront peut être à 1600. Le meilleur moyen de le savoir c’est d’essayer.

Le temps de pose dépendra de la qualité de votre suivi et de votre mise en station. Faites des clichés tests (toujours avec la télécommande ou le retardateur), observez ensuite si les étoiles sont bien rondes ou si elles présentent toutes un étirements dans la même direction (filé), choisissez un temps de pose légèrement inférieure au maximum acceptable sur les clichés test. Ne soyez pas trop gourmand sur le temps de pose, sur un écran de grande taille les traînées sont plus visible que sur le petit écran de l’APN.

filé d’étoiles du à un temps de pose trop long ou une mauvaise mise en station

In fine faites très attention à ne pas avoir de partie brûlée sur la photo (le centre des nébuleuses et des galaxies notamment), ajuster au besoin les paramètres.

On déclenche l’intervallometre et on croise les doigts pour que tout se passe bien.

Liste non exhaustives de ce qui peut mal se passer, et qui va vous arriver : Quelqu’un trébuche sur le trépied, les nuages se lèvent, de la buée se dépose sur l’objectif, vous n’aviez pas vidé la carte SD, panne de batterie, passage d’avion ou de satellite, la sangle de l’apn se coince dans la monture et bloque le suivi etc…

les photos devraient ressembler à ça :

des étoiles bien ponctuelles, un objet a peu près centré

Maintenant que les prises de vues (que nous appellerons dorénavant des « lights » ) sont dans la boite nous devons faire une derrière manip, prendre les Darks. C’est très simple à faire, on met le capuchon sur l’objectif et on réalise environ 1/3 du nombre de déclenchements que l’on vient de faire dans exactement les même conditions (temps de pose, iso et température). Les Darks font partie des DOF ce sont fichiers permettant le prétraitement des image pour ameliorer la qualité des photos. C’est incontournable si on veut réaliser une photo le plus propre possible.

A ces Darks s’ajoutent deux autres fichiers, les offsets qui sont pris avec le capuchon à temps de pose très bas (1/400), et même iso que les lights (la température n’importe pas ici) et les flats qui représentent un fond clair uniformément éclairé (genre ciel bleu au zenith à l’aube ou t-shirt rétroéclairé.) prise avec le même objectif, à la même focale et même ouverture que les lights en exposant de manière à ce que l’histogramme fasse un pic a 2/3 environ. Contrairement aux darks, les offsets et les flats peuvent être fait n’importe quand, car la température n’importe pas.

Vous pouvez vous arrêtez là et ranger votre matériel, nous parlerons du traitement dans le prochain articles. Si vous voulez aller plus loin et comprendre pourquoi on doit prendre des DOF, les paragraphes suivants rentrent plus dans le détails, mais ne sont pas indispensables pour prendre des photos.

Pourquoi prendre les photos en RAW et faire les DOF ? Sans rentrer dans la technique pure du fonctionnement de l’appareil, disons que le capteur ne produit pas par magie un fichier JPG avec les bon codec les bonnes couleurs etc… Il fournit un signal brut (le RAW) qui est ensuite converti en image par une puce dans l’appareil ou un logiciel genre lightroom sur un ordinateur. Cette conversion (développement, ou dematriçage) est destructive et une partie des données sont perdues afin d’optimiser la taille du fichier, si plusieurs pixels presque identiques sont contiguës alors le JPG ne conserve qu’une seule valeur. L’oeil humain n’y voit que du feu et le ficher est plus léger à traiter et à partager. En faisant de l’astrophoto on cherche a voir des choses qui ne sont pas visibles à l’œil nu et dont l’intensité lumineuse et les contrastes sont ridiculement faibles. si on laisse l’appareil traiter automatiquement on obtiendra une bouillie de pixel. Ce petit aparté technique fait, posons nous la question quel est le signal véritablement acquis dans le fichier Raw ?

Faisons l’analogie avec la performance de votre fille sur un piano en libre service dans une gare, vous souhaitez l’enregistrer. Sur votre magnétophone vous l’entendrez bien sur jouer du piano, mais vous entendrez aussi beaucoup de sons parasites. Les valises qui roulent, le moteur de votre magnétophone, les annonces de la gare, les tou tou toulou, les froissements de votre veste, les klaxons des trains, votre respiration etc… On peut distinguer deux types de sons parasites. Le bruit de fond  (brouhaha de la foule) et le signal non désiré que l’on peut distinguer (annonces, moteur du magnétophone et  votre respiration) . Le bruit de fond est diffu et aléatoire le signal non désiré est perceptible et localisé.

on pourrait écrire :

Signal acquis= Signal désiré + Signal non Desiré + Bruit

En photo c’est l’empilement qui permettra de réduire le bruit de fond, en effet comme il est aléatoire il ajoute parfois de la valeur à un pixel et parfois il en enlève. En faisant la moyenne sur un grand nombre de cliché on réduit son  impact. Sur votre photo il y a bien sur aussi du signal non désiré il s’agit du signal généré par le capteur (effet thermique, modification des valeur du à la lecture écriture) et les défaut d’homogénéité de l’exposition sur le capteur (ie le vignettage, les taches et les poussières). On appelle ces deux composantes le signal non désiré. D’ordinaire ce signal non désiré est faible devant le signal d’une photo diurne et ne pose donc pas de problème. Mais ici, en empilant les clichés, comme le signal désiré est très faible nous allons rendre le signal non désiré visible. il convient donc de réussir a séparer toute les composantes de ce signal non désiré et les ôter du signal acquis.

Le signal de lecture écriture est un signal que l’appareil ajoute systématiquement à chaque acquisition. C’est du au fait que certaine partie du capteur ont tendance a changer légèrement de conditions électromagnétiques entre chaque photo. C’est le fait de lire le capteur et d’écrire sur la carte qui en est responsable. Il suffit donc pour isoler ce signal de prendre des photos dans le noir à grande vitesse, ainsi seul le signal de lecture écriture es enregistré. il s’agit du signal d’offset (ou bias)

Signal Offset (contrastes exagérés)

Le « bruit thermique du capteur », pendant la photo le capteur chauffe, et cette chaleur peut exciter aléatoirement certains photosites (« pixels du capteur »). Si l’excitation d’un photosite est aléatoire, tous les photosites ne sont pas exposés de la même manière à la chaleur. La température n’est pas homogène sur toute la surface du capteur. A l’empilement on voit donc une forme apparaître. C’est pourquoi il faut toujours faire ses darks à la suite des lights et pour le même temps de pose. Ainsi on isole le bruit thermique. Attention, si vous avez bien lu le paragraphe précédent, vous aurez deviné que le dark contient aussi le signal d’offset. (On peut d’ailleurs distinguer sur l’illustration ci dessous que les lignes horizontales en bas de l’image faisaient partie d’offset)

Signal Dark (contrastes exagérés)

Enfin pour annuler les défauts d’homogénéité d’exposition du capteur, il faut les isoler en photographiant un sujet uni. Vous pouvez vous procurer une boite à flat, utiliser un écran ou photographier le ciel au zenith le soir ou au petit matin. Il suffit d’exposer de manière à ce que l’histogramme indique un pic d’exposition aux 2/3. Utiliser l’afficheur de votre appareil photo pour vous en assurer.

Signal Flat (contrastes exagérés)

*Sauf dans le cas d’une prise de photo de comète pour pouvoir la mettre en ligne avant les autres et pouvoir craner un jour ou deux.

Tuto

Making Of M42 (Nébuleuse d’Orion) [1/3] : choix du matériel

Ce qui rend l’astronomie si passionnante, c’est qu’elle couvre énormément de domaines. Elle permet de vulgariser des notions appartenant à des sciences très différentes allant de la chimie atomique à la mécanique céleste, de l’optique au traitement du signal. A l’occasion de la photo de M42 prise ce week-end. Je vous propose une petite série sur l’astrophoto, sur plusieurs articles nous essaierons de tout aborder du choix du matériel au post traitement.

L’idée, c’est de suivre l’objet avec une monture motorisée et de multiplier les prises de vue. ensuite les prises de vues seront ensuite empilées par un logiciel pour donner la photo finale.

M42 est un choix parfait pour un débutant, elle est très lumineuse, facile à repérer et impressionnante une fois imagée, c’est l’idéal pour l’hiver. L’été on préférera M31 (la galaxie d’andromède) qui présente à peu près les mêmes avantages. Il convient bien sur de s’assurer que la cible ne passera pas derrière un arbre ou une maison au cours de la session.

Pour prendre la photo quasiment n’importe quel boîtier d’appareil photo numérique convient à partir du moment où il est équipé d’un mode manuel, qu’il permette d’enregistrer les fichiers RAW et que les objectifs peuvent être changés*. Ici il s’agit d’un Pentax K-70.

Concernant l’optique, il faut choisir une optique telle que l’objet entre sur le capteur. Le logiciel stellarium permet de simuler les différents champs en fonctions des boitiers.

Mais vous pouvez également vous référer au tableau ci dessous (attention, la tailles des capteurs APS-C n’est pas standard et peut varier d’un modèle à l’autre. )

APS-C (15,7×23,6)Full frame (24×36)
Focale (mm)Hauteur (°)Largeur (°)Hauteur (°)Largeur (°)
863,071,371,677,5
1252,663,063,471,6
1841,152,753,163,4
2532,143,343,855,2
3524,234,034,445,8
5017,425,325,635,8
7511,817,517,725,6
1008,913,313,519,8
1356,69,910,114,9
1506,08,99,113,5
2004,56,76,810,2
2503,65,45,58,2
3003,04,54,66,8
4002,23,43,45,1
6001,52,32,33,4
α=arctan(h/f)

L’optique doit être la plus lumineuse possible, le nombre (f/d) doit être le plus petit possible. Multiplier ce nombre par 1,4 revient a devoir multiplier le temps de pose par 2. C’est à dire qu’entre une focale fixe ouvrant à f/2.8 et un objectif zoom de kit à f/4 il faudra deux fois plus de temps au zoom pour acquérir la même quantité de lumière. Ici la photo a été prise avec un Meyer Optik Görlitz 300mm f/4. Il s’agit d’une optique vintage à focale fixe qui a le bon goût d’avoir des inconvénients qui la disqualifient pour le reportage animalier et le sport (entièrement manuelle, 2kg500) mais qui ne posent pas de problème pour l’astrophoto, ce qui permet d’avoir un prix contenu. D’autre part étant à la base destinée au moyen-format (pellicule de 55x70mm) nous auront une illumination homogène du capteur APS-C (15.7×23.6mm) donc très peu de vignettage et normalement peu de coma car seul le centre de l’image produite est utilisé.

Ensuite vient la monture, son rôle est d’assurer l’alignement de l’appareil photo avec l’objet. Pour cela il suffit d’aligner l’axe de rotation de la monture avec l’axe de rotation de la terre. (ce qui se fait au moyen du viseur polaire). Il faut faire attention à ce que le poids de l’objectif et du boîtier ne dépassent pas la capacité de la monture. Celle ci doit être installée sur un trépied robuste afin de ne pas bouger avec le vent ou le chat qui se frotte contre lui. La monture utilisée ici est un peu particulière car il s’agit d’une LX-3. Contrairement à ses cousines qui sont activées par un moteur électrique, ici c’est un ressort et une minuterie qui meuvent l’appareil photo. Il y a beaucoup a dire sur les avantages et les inconvénients de ce système et cela fera l’objet d’un autre billet.

N’oublions pas un intervalometre, une carte SD vierge de bonne capacité et une batterie chargée pour l’APN et on est fin prêts pour la prise de vue !

Le boîtier, l’objectif et la monture

*Cependant tout les boîtiers ne se valent pas et certains sont plus appropriés à l’astrophoto que d’autre notamment si ils sont défiltrables ou si ils ont un faible tirage mécanique (mirrorless).

Comptes rendus

La Grande Conjonction de Décembre 2020

Au fil de la course de la gigantesque horloge cosmique qu’est le système solaire, les aiguilles se croisent régulièrement. C’est ce qui s’est produit lundi 21 Décembre 2020 avec le rapprochement Saturne-Jupiter. Cet événement a lieu à peu près tout les 20 ans, il n’est donc pas si rare que ça. Cependant, afin d’être observable, il faut qu’il se produise à une distance raisonnable du soleil (on parle d’élongation) afin qu’il ait lieu la nuit. Il faut bien sûr également que la météo du site d’observation soit clémente. Ce qui n’était pas gagné cette fois ci. Il faut également noter que cette conjonction est particulièrement « serrée » avec un rapprochement de 6′ seulement entre les deux géantes gazeuses, ce qui correspond environ à 20% du diamètre apparent de la Lune.

Ci dessous les différentes photos prises par les membres du club.

Ne vous laissez pas abuser par la faible dimension de l’angle apparent de séparation des deux planètes, Saturne est en fait deux fois plus éloignée de la terre que sa voisine Jupiter.

La météo ne nous aura pas permis de réaliser des clichés exceptionnels mais elle aura donné la chance de finir l’année sur un peu de suspense et le défi de capturer ce moment entre les nuages.

Le prochain rendez vous aura lieu le 31 Octobre 2040, mais la faible élongation rendra le spectacle difficilement observable pendant une courte période avant le lever du soleil. Il faudra ensuite attendre 7 Avril 2060.

ambiance, Animation publique

Animation publique: Baux de Provence

Nuits étoilées

Venez nous retrouver le 19 juillet à partir de 21h30, sur l’esplanade du château, pour une soirée exceptionnelle sous la Lune, quatre planètes, la Voie Lactée et le bestiaire céleste des constellations du ciel d’été.

C’est une soirée organisée par l’Office de Tourisme des Baux de Provence (5€ par personne)
Renseignements et réservations → Office de tourisme
Tél. 04 90 54 34 39
tourisme@lesbauxdeprovence.com.

Pour voir l’article: Bestiaire célesteCSuc2018-07-05_00004rb

 

ambiance, Comptes rendus

Soirée pour l’Académie d’Arles

Ce lundi 19 mars 2018, nous présentions le ciel de printemps aux membres de ‘l’Académie d’Arles.

Nous étions installés au Musée de la Camargue.

Ambiance fort sympathique sous un ciel clair depuis la fin d’après midi jusqu’à 22h00, qui nous a permis d’admirer le rapprochement Lune en fin croissant Vénus et Mercure, puis la nébuleuse d’Orion, celle de l’Esquimau, les constellations et leurs légendes, plus une paire de satellites iridium avec de pâles flares…

Non classé

CSuc2018-02-20_00016La Ceinture de Vénus offre un écrin parfait à la cabane du Musée de la Camargue, ce mardi 20 février 2018. c’est l’ombre portée de la Terre dans l’atmosphère qui provoque ce phénomène coloré à l’opposé du coucher du Soleil.